BRACCO – Dromonia

Ce jeudi 9 mars 2023, le groupe parisien BRACCO sera en concert à La Maroquinerie. L’occasion pour La Bonne Mixture de vous présenter ce duo talentueux et percutant formé en 2018. Composé de Loren Martin aux machines, synthétiseurs et percussions, et de Baptiste Cataudella au chant et à la guitare, BRACCO est difficilement classable, situé quelque part entre le post-punk, la darkwave et la techno. On pourrait y voir une certaine filiation avec des monuments comme Depeche Mode ou Joy Division, notamment dans la tessiture vocale de Baptiste, tout en décelant l’influence d’une techno plus récente, à la fois sombre et brutale. Mais au fond, BRACCO se fiche des étiquettes ou références. Les deux compères font juste ce qu’ils aiment avec une fougue infaillible, bien perceptible et communicative lors de leurs concerts. Le côté punk de leur musique, avec cette guitare électrique puissante au son fortement saturé, s’exprime davantage en live qu’en version studio. D’ailleurs, BRACCO est bel et bien taillé pour le live, nous livrant une vrai performance scénique à chacun de ses concerts. Alors que Loren passe presque instantanément de ses machines aux percussions, Baptiste, souvent torse nu et en short, été comme hiver, chante parfois avec le micro dans la bouche quand il ne maltraite pas sa guitare à grands coup de baguette.

Après un premier album intitulé Grave, sorti chez Le Turc Mécanique en 2019, BRACCO nous présente son nouvel opus Dromonia, paru le 9 décembre dernier chez Born Bad Records. La voix de Baptiste, toujours autant hypnotisante, s’accorde parfaitement aux notes ciselées produites par les machines de Loren. Tendant plus vers l’electro que vers le punk, et plus sophistiqué que le précédent, cet album parlera sans doute à un public plus large. Sur le titre Be a Boy, Lauriane, du groupe Bryan’s Magic Tears, apporte même une touche pop plus douce et sensuelle. Dromonia semble évoquer la dromomanie, c’est-à-dire le besoin irrésistible de se déplacer, de bouger sans arrêt. Conçue par Jesse Kanda, la pochette de l’album se rapproche de cette idée avec ce bonhomme désarticulé et disproportionné se mouvant de manière étrange et aussi dérangeante que pourrait le faire un personnage peint par Gérard Garouste.

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