
Après avoir sorti trois albums entre 2014 et 2019, le groupe nigériano-britannique Ibibio Sound Machine est revenu en mars dernier avec un quatrième album paru chez Merge Records intitulé Electricity. Pour l’occasion, ce collectif electro-afrofunk s’est offert les services du groupe de synthpop britannique Hop Chip, qui produit et enregistre l’album en y ajoutant sa patte. En ressort un album encore plus électronique que les précédents, avec une place importante accordée aux synthétiseurs, dont les sons semblent provenir tout droit de la new wave et du post-punk des années 80. Mais Ibibio Sound Machine n’abandonne pas pour autant ses racines culturelles africaines et son héritage musical, notamment le highlife, proche de l’afrobeat. Rappelons que le terme « ibibio » désigne à la fois un peuple ouest-africain, principalement nigérian, et la langue parlée par ce dernier. Ayant grandi au Nigéria, la charismatique leadeuse du groupe, Eno Williams, chante d’ailleurs aussi bien en anglais qu’en ibibio, s’inspirant parfois de comptines qu’elle entendait lorsqu’elle était encore enfant. Chez Ibibio Sound Machine, le mélange entre les éléments traditionnels africains et la musique électronique moderne fonctionne à merveille.
Invité par la radio américaine KEXP, le groupe nous offre un live de quatre morceaux présents sur leur dernier album Electricity. Cette performance est l’occasion de découvrir toute la richesse instrumentale de la formation, avec notamment plusieurs synthétiseurs, une guitare, une basse, une batterie, des tambours et djembés, une flûte, un saxophone, une trompette, un trombone et un kologo, sorte de luth ghanéen à deux cordes. Le groove implacable d’Ibibio Sound Machine apparaît manifestement comme une jolie invitation à la danse.