Vieux Farka Touré & Khruangbin – Ali

Afin de rendre hommage à l’immense guitariste et chanteur Ali Farka Touré, inventeur du blues malien, ou « blues du désert », son fils Vieux Farka Touré et le trio texan Khruangbin se sont associés pour composer l’album Ali, revisitant ainsi quelques chansons du « John Lee Hooker africain ». A l’origine de cet opus, Vieux, également chanteur et guitariste, quant à lui surnommé le « Hendrix du Sahara », souhaite célébrer la mémoire de son père et l’héritage musical laissé par ce dernier. En 2019, après avoir assisté à un concert de Khruangbin à Londres, il propose aux trois membres du groupe de l’accompagner sur ce projet. Les choses se font très vite, d’abord dans la capitale londonienne puis dans la grange du groupe au Texas, où l’album est enregistré en seulement une semaine. Composé de Mark Speer à la guitare, Laura Lee Ochoa à la basse et Donald Johnson à la batterie, Khruangbin est déjà connu pour ses affinités multiculturelles. Outre le fait que le nom du groupe soit un mot thaïlandais signifiant « avion », leurs influences sont multiples, allant du funk thaï au rock psychédélique en passant par le reggae-dub ou encore les musiques latines. La rencontre avec Vieux Farka Touré, ayant lui aussi déjà fait preuve d’une grande ouverture musicale dans ses collaborations (Idan Raichel, Julia Easterlin…), avait de quoi être prometteuse.

Les huit titres de l’album Ali sont des reprises de morceaux, peu connus pour certains, du légendaire bluesman Ali Farka Touré, mort en 2006. A vrai dire, il s’agit plutôt de réinterprétations car, comme voulu par Vieux, Khruangbin arrive avec son style et sa sonorité groove qui lui est propre. Les instruments traditionnels africains présents dans la musique d’Ali, comme le n’goni (guitare typique du Mali) et la calebasse (instrument de percussion fait à partir de la coque séchée d’un fruit), laissent place aux effets plus modernes et électriques du trio américain. La réverbération appliquée à la batterie, à la guitare et même à la voix du griot malien, ainsi que les lignes de basse très groovy, donnent un côté dub un peu vaporeux et planant. Avec cette touche pop apportée par Khruangbin, l’album est l’occasion pour un public novice de découvrir de manière accessible le blues désertique d’Ali. Cet opus collaboratif se veut avant tout rassembleur et universel.

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